Madame Lydie Mahé, Adjointe au Maire représentant la municipalité
Mesdames et Messieurs les élus
Madame Dominique De Neyman, Nièce de Jean
Mesdames et Messieurs les représentants d’associations
Mesdames et Messieurs les représentants du Parti Communiste Français
Mesdames et Messieurs les représentants de la C.G.T
Mesdames et Messieurs, chers amis et camarades.
Déjà, beaucoup de points viennent d’être évoqués par Yvon Renévot*Yvon Renévot, Secrétaire général de la Section du P.C.F. de Saint-Nazaire, semble avoir fait une intervention auparavant !?....
Je vous avoue que c’est pas sans émotion que je m’adresse à vous en ce lieu au nom du comité départemental du souvenir des fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la résistance en Loire inférieure.
Enfant, puis adolescent, j’accompagnais mon père à cette cérémonie en hommage à Jean de Neyman. Nos aînés nous ont donc passé le flambeau du souvenir qu’à notre tour nous devons transmettre aux plus jeunes.
Transmettre la mémoire de ces Résistants nous paraît en ces temps troublés plus nécessaires que jamais. Nous pensions, sans doute par excès de confiance, d’optimisme qu’avec les progrès de l’humanité et la victoire des forces de gauche sur les forces les plus réactionnaires, les idées de progrès, les conquêtes sociales, bref l’avenir des jeunes générations se présenterait sous des cieux plus sereins.
Hélas aujourd’hui, nous sommes bien contraints de constater que dans le pays même des lumières, des révolutions de 1789 de 1848, de la commune de Paris, du Front populaire, de la résistance et de la libération, de 68… les forces les plus rétrogrades celles qui attisent les haines, déploient avec succès leur idéologie raciste et xénophobe, de régression sociale et humaine.
Une fois de plus, un odieux amalgame désigne une communauté comme bouc émissaire de la folie meurtrière d’intégristes, de fascistes. Parfois, nous ne pouvons pas, ne pas faire le triste parallèle avec l’ignominie du régime de Vichy, lorsque des citoyens sont pris à partie du fait de leur origine.
Montrer le courage l’abnégation les raisons de l’engagement d’hommes comme Jean De Neyman et ses Camarades. C’est enseigner que l’avenir dépend de chaque citoyen et que dans une démocratie, il est essentiel d’essayer de former les esprits à la conscience, à la responsabilité, à la vigilance… surtout à une époque où il serait désastreux de laisser seuls les enfants face à internet et les citoyens désarmés devant un système politico-médiatique qui alimente tout ce qui peut diviser et détourner des véritables questions et réflexions sur le devenir de notre société. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que pratiquement tous les médias appartiennent à sept milliardaires et qu’une poignée de privilégiés engrange toujours plus de richesses au détriment de la collectivité. Comme ces 500 plus grandes fortunes qui possèdent un patrimoine plus élevé que le budget de l’État. Ce sont cela même et les politiciens à leur service qui ont intérêt à faire diversion.
Nous sommes la, à des années-lumière des engagements et des idéaux de la Résistance et du programme novateur de son conseil national. On comprend mieux l’acharnement à démanteler son héritage.
Nous regrettons qu’à l’école on parle peu de La Résistance, de celles et ceux qui comme Jean sont l’honneur de La France.
Quelle belle et émouvante leçon républicaine serait d’évoquer la mémoire d’un Jean de Neyman, ce jeune intellectuel communiste de parents d’origine polonaise, « Mort pour La France » ? Ce Résistant n’a-t-il pas beaucoup à nous dire sur l’Europe, sur les réfugiés… à un moment où à nouveau les peurs, la xénophobie, le racisme et le nationalisme, les idéologies de haines et le rejet de l’autre gangrènent la plupart des pays de notre continent ?
Jean de Neyman membre de l’Université de Strasbourg, militant au P.C.F. envoyait des colis aux antinazis emprisonnés en Allemagne. Ce patriote organise la solidarité internationaliste et n’hésita pas à contracter un mariage blanc pour faire libérer une jeune Allemande qu’ensuite ses Parents hébergèrent.
Jean sous le prétexte de l’origine polonaise de ses parents est révoqué de l’enseignement par Vichy, militant anti raciste, anti fasciste, réfugié à La Baule, il trouve le contact avec des résistants communistes de la presqu’île . En mai juin 1944, il doit entrer dans la clandestinité et multiplie avec son groupe de F.T.P. les actions contre l’occupant . Jean apporte son aide aux Résistants en danger. Il se rend à la Kommandantur de Guérande habillé en officier allemand et remet un courrier, véritable ultimatum. « En cas de l’exécution d’otages, la Résistance exécutera le commandant de la place » le stratagème réussit ; les otages libérés.
Mais, je ne vous ferai pas l’injure de retracer tout le périple de Jean de Neyman, car nombre d’entre vous le connaissent et je vous remercie d’être fidèles à cet hommage, pour ceux que cela intéresserait, nous avons dans un petit dépliant un résumé de son parcours à partir des écrits de Pierre Mahé.
Rendre hommage à Jean de Neyman s’est également mettre l’accent sur une page de notre histoire : la résistance à Saint-Nazaire encore trop méconnu. Avant même l’arrivée des Allemands, la résistance se manifestait avec l’implication d’ouvriers, d’ingénieurs, de marins pour évacuer le Jean Bart. Puis, sous l’occupation avec les sabotages à l’usine aéronautique. Et l’organisation aussi à partir du camp Franco et de la basse sous-marine de groupe de résistants avec notamment des Républicains espagnols et des ouvriers démobilisés de retour à Saint-Nazaire. Ils multiplièrent les actions de propagande antifasciste et les sabotages contre la machine de guerre allemande au péril de leur vie. Ils connurent pour la plupart les prisons la déportation et le poteau d’exécution. Nous souhaitons d’ailleurs qu’une plaque sur la base sous-marine rappelle ces faits aux jeunes générations. Afin de montrer tout simplement que des hommes des femmes se sont engagés au péril de leur vie pour vaincre la barbarie.
Joël BUSSON
Président du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure.