Collectif Jean de Neyman
La Résistance en mémoire

Site de recherches sur la vie de Jean de Neyman, Résistant, fusillé le 2 septembre 1944 à Saint-Nazaire (Heinlex) en Loire-Inférieure (Loire-Atlantique aujourd’hui) - France.

Septembre 2022 - Commémoration à Saint-Nazaire
Article mis en ligne le 30 mai 2024

par Patrice

Contexte

Près de 50 personnes se sont retrouvées devant la stèle de Jean de Neyman au château d’Heinlex à Saint-Nazaire, pour célébrer le 78e anniversaire de son exécution, ce samedi 3 septembre 2022, en présence des représentants du Parti communiste local, Cédric Turcas, du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure [1] des fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure, Christian Retailleau, de la municipalité, Martine Dardillac et Lydie Mahé, et les attachés parlementaires du député de Loire-Atlantique Matthias Tavel, David Faustin et Thomas Lefeuvre. Dominique de Neyman, nièce de Jean, fidèle à la cérémonie, n’a pu venir suite à un empêchement personnel.

Allocution devant la stèle de Jean
de Christian Retailleau
© Photo P.M. / Collectif J.d.N., 20220903-5211

La prise de parole a été faite, au nom du P.C.F. et du Comité, par Christian Retailleau, président du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure [2], avec un très long historique sur le personnage, sa famille, et ses actions.
Un préambule rappelant et surtout insistant sur le fait qu’« Honorer aujourd’hui la mémoire toujours vivante de Jean de Neyman ne répond pas seulement à un devoir que nous avons vis-a-vis du passé.
Cet hommage est aussi un moment pour faire connaître aux nouvelles générations ce passé, à travers l’engagement des femmes et des hommes qui, au mépris du danger, ont résisté à l’occupant nazi et au régime complice de Vichy, ces résistants qui alors que la répression était impitoyable n’ont cessé de croire à la victoire contre la barbarie nazie et d’espérer en un monde plus juste.
Ce moment doit contribuer aussi à combattre les idéologies fascistes, porteuses, sous des formes renouvelées de haine et d’exclusion de l’autre, de racisme et d’antisémitisme, de xénophobie. »

Il s’en est suivi le dépôt des gerbes par les protagonistes, puis une minute de silence pour laisser place au Chant des Partisans.
Rendez-vous est donné à l’année prochaine mais surtout à la préparation du 80e anniversaire dans deux ans !

Allocution commune du P.C.F. et du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure.

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le représentant du Député,
Madame la Conseillère Régionale
Monsieur le Sénateur,
Mesdames les représentantes de Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus,
Chers camarades,
Chers amis,

Nous sommes réunis a nouveau, en cette année 2022, pour commémorer le 78e anniversaire de l’exécution de Jean de NEYMAN, fusillé par les forces d’occupation nazies le 2 septembre 1944, au moment où la France était en train d’être libérée.

En préambule a cette intervention commune du Comité du Souvenir et de la section de Saint-Nazaire du P.C.F., je voudrai tout d’abord saluer Dominique de Neyman dont un deuil récent l’empêche d’être avec nous.

J’aurai une pensée ensuite pour Christiane Cabalé, récemment disparue, grande figure de la Résistance a Saint-Nazaire, qui a porté inlassablement la mémoire des résistants et des déportés. Et pour notre regretté camarade Guy Texier qui a tant œuvré pour faire connaître la résistance nazairienne, et pour défendre les intérêts de la classe ouvrière, et dont le texte d’aujourd’hui doit beaucoup.

Je voudrais remercier de leur présence les élus de Saint-Nazaire et l’ensemble des personnes venues réaffirmer l’importance de la Résistance dans l’Histoire de notre pays.

Honorer aujourd’hui la mémoire toujours vivante de Jean de Neyman ne répond pas seulement à un devoir que nous avons vis-à-vis du passé.

Cet hommage est aussi un moment pour faire connaître aux nouvelles générations ce passé, à travers l’engagement des femmes et des hommes qui, au mépris du danger, ont résisté à l’occupant nazi et au régime complice de Vichy, ces résistants qui alors que la répression était impitoyable n’ont cessé de croire a la victoire contre la barbarie nazie et d’espérer en un monde plus juste. Ce moment doit contribuer aussi a combattre les idéologies fascistes, porteuses, sous des formes renouvelées de haine et d’exclusion de l’autre, de racisme et d’antisémitisme, de xénophobie.

De l’invasion de la Pologne le 1er septembre 1939 à la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945, puis du Japon le 2 septembre, ce sont prés de 50 millions de personnes qui sont mortes pendant cette guerre mondiale, un désastre humain, économique et social sans égal.

Conséquences, faut-il le rappeler, de renoncements successifs face à la volonté d’hégémonie de Hitler et de ses partenaires de l’Axe qui ont conduit les gouvernements français, britanniques et polonais à refuser tout accord militaire avec l’U.R.S.S., et a lâchement abandonner la Tchécoslovaquie lors des accords de Munich, les accords de la honte qui allaient précipiter l’Europe dans la guerre.

Ensuite, les événements s’enchaînent de maniéré tragique qui voient la France après la drôle de guerre être envahie en quelques semaines, entraînant l’exode, et enfin l’armistice signé par le gouvernement Pétain dans des conditions humiliantes, laissant la population et les soldats dans le plus grand désarroi. Suivront la fin de la République en juillet, avec les pleins pouvoirs accordés à Pétain, auxquels seuls 80 courageux députés s’opposeront, les députés communistes étant pour la plupart emprisonnés en Algérie après l’interdiction du Parti communiste survenue sous prétexte du pacte germano-soviétique.

Allocution devant la stèle de Jean
de Christian Retailleau
© Photo P.M. / Collectif J.d.N., 20220903-5211

Dernier pas dans le déshonneur et l’indignité, la poignée de main du 24 octobre entre Pétain et Hitler à Montoire qui scelle le début officiel de la collaboration avec l’Allemagne nazie, car la collaboration est déjà active dans les faits puisque le premier statut des Juifs a vu le jour peu de temps auparavant, et que des milliers de militants ouvriers ont été arrêtés début octobre pour être internés dans des camps.

Dans cette France trahie laissant un peuple abandonné, des femmes et des hommes refusent cependant la défaite, peu nombreux mais convaincus, ils s’attèlent à cette tâche immense de construire la résistance avec l’espoir insensé, au plus sombre de la nuit, de chasser l’envahisseur et
d’anéantir le nazisme.

Jean de Neyman fait partie de ces premiers résistants, lui qui sera le dernier fusillé de la Loire-Inférieure et peut-être de France.

Un aperçu de sa courte vie est je crois nécessaire pour connaître l’homme, son parcours, et admirer le résistant.

Né le 2 août 1914 dans une famille polonaise aisée immigrée au début du 20e siècle ; Jean, son frère André et sa sœur jumelle Marie reçoivent de leurs parents une éducation basée sur la culture, la philosophie, le respect des valeurs de la République, le respect de |’autre.

Le charisme et le rayonnement de Jean sont en cela un héritage de sa famille, famille qui a beaucoup souffert du nazisme, deux de ses tantes seront fusillées et son oncle refusera de serrer la main à la délégation allemande en visite diplomatique, son père et sa mère seront décorés de la « Polonia Restituta » pour leurs activités en faveur d’enfants polonais immigrés.

Étudiant en 1934 a la faculté de Strasbourg, il adhère au P.C.F. et soutient les antinazis allemands sur lesquels s’abat la répression avec le début des camps de concentration.

Après la débâcle de 1940, Jean est démobilisé. Professeur de physique, il est radié de l’enseignement en raison d’une loi de Vichy interdisant la Fonction publique aux Français d’origine étrangère. Il devient professeur au cours secondaire privé « Le Cid » à La Baule. Il mène dés lors une intense propagande anti-allemande dans les milieux qu’il fréquente puis réussit a entrer en contact avec les résistants communistes nazairiens.

Il faut d’ailleurs souligner ici qu’il n’est malheureusement pas fait assez état de la résistance dans la région nazairienne et dans la Presqu’île, alors qu’elle a été particulièrement active dés 1940.

L’évasion du cuirassé Jean BART le 17 juin 1940, a pourtant été sans doute le premier acte de résistance collective, quand 350 ouvriers et encadrants des chantiers navals ont volontairement participé, avec autant de militaires, à son départ vers Casablanca pour qu’il ne tombe pas aux mains de l’armée allemande.

Des inscriptions anti-allemandes aux tracts appelant à résister, des sabotages à l’aide aux militaires anglais après le drame du Lancastria et aux commandos de l’opération Chariot le 28 mars 1942, les actions ont été multiples et plus de 200 résistants en seront les artisans de 1940 à la fin de la guerre.

Ainsi, le sabotage de l’hydravion “Arado” à la SNCASO, dont les auteurs ont été dénoncés, internés, déportés : Adrien Berselli, René André, Jean Bourmaud, Jules Busson.

Ainsi, le dynamitage de la permanence de la L.V.F. avec Albert Rocheteau, Jean Dréan, Georges Girard (le futur commandant Conan), avec l’aide des “dynamiteros” Républicains espagnols, internés au “camp Franco” de Montoir-de-Bretagne, qui ont multiplié les sabotages pendant la construction de la base des sous-marins, sous la responsabilité de notre camarade Juan Escuer Gomis, et qui pour beaucoup d’entre eux ont été déportés ou fusillés à Nantes en 1943.

Aussi, l’action de Marthe Gallet et de Suzanne Mahé dans le transport des armes et des explosifs, des tracts, arrêtées, torturées, internées ou déportées.

Aussi, Maurice et Louisette Piconnier, Bertho, Perrico, Bécard et tant d’autres comme André Le Moal fusillé à 17 ans ou encore Hubert Caldecott, Jean Dréan, Guy Lelan ou Labrousse, eux aussi fusillés au Mont Valérien ou à Nantes, mais aussi Birembaut, Sculo Coquet et tant d’autres internés, déportés ou fusillés.

Mais aussi l’action du groupe Henri Mahé et Georges Tanchoux de La Baule, du réseau Jade en lien avec le renseignement, dont plusieurs d’entre eux ne revinrent pas des camps de concentration, ou encore le groupe gaulliste Lithoux de Saint-Lyphard.

C’est aussi le réseau “Georges France 31” animé par Albert Vingon, Henri Fogel, Germaine Lardon, avec Henri Allanet, Jean Guitton, composé de nombreux Francs-maçons, plus spécialisés dans le renseignement et l’évasion d’aviateurs.

Jean entre en 1944 dans la clandestinité, où avec son groupe de F.T.P. il opère des actions de guérilla contre l’ennemi, et fournit de l’aide à des soldats allemands déserteurs. C’est pour sauver l’un deux et des membres de son groupe qu’il est arrêté, condamné à mort et fusillé au château d’Heinlex le 2 septembre, il y a 78 ans aujourd’hui.

Dans sa dernière lettre, Jean de Neyman résume sa vision de la situation en ces mots, je cite : « Je m’en vais donc disparaître dans les meilleures conditions possibles... après avoir eu la chance de voir le sinistre tableau de 1939 remplacé par les claires perspectives de 1944, et la nouvelle chance que ma condamnation me donne le droit de penser que je n’y suis pas complètement étranger - après avoir dégusté l’amusante et flatteuse ironie du sort qui me fait l’un des derniers fusillés français de cette guerre... je vous écris la conclusion de ma vie : tout le bonheur de l’homme tient dans ce devoir Agir et espérer ».

Ces derniers mots ne résument-ils pas ce qu’a été la Résistance. Depuis l’appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940 depuis Londres affirmant « quoiqu’il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », celui de Charles Tillon, membre de la direction du PCF et futur fondateur des FTP, la veille à Gradignan prés de Bordeaux : « peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans, intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, unissez-vous dans l’action », jusqu’à la libération complète du pays le 11 mai 1945 après la reddition officielle de la poche de Saint-Nazaire à Bouvron, ce sont presque cinq années de résistance sous des formes multiples et variées, résistance à la fois populaire et diverse rassemblant gaullistes, communistes, socialistes, démocrates et républicains, « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas ».

Les résistants ont pris une part essentielle à ce combat pour la liberté et la dignité humaine, au combat pour abattre le nazisme et son idéologie criminelle, au prix de sacrifices sans nom : fusillés comme les 50 Otages à Châteaubriant, Nantes, le Mont-Valérien ou ceux de l’Affiche rouge les F.T.P.-M.O I. - « vingt et trois étrangers et nos frères pourtant » -, comme les Républicains espagnols, ou bien exécutés sommairement, massacrés, morts sous la torture, déportés et tués par milliers - femmes et hommes - dans les camps de la mort nazis, camps d’extermination de millions de Juifs, Slaves, Tziganes, homosexuels.

Lorsqu’il parle de « claires perspectives », Jean de Neyman fait-il référence au programme du Conseil National de la Résistance adopté le 15 mars 1944 et diffusé sous le titre «  Les jours heureux » ?

Ce programme portera a la Libération des progrès démocratiques, économiques et sociaux sans précédent pour les travailleurs : droit de vote des femmes, création de la Sécurité sociale et du régime général des retraites, des comités d’entreprise, du statut des fonctionnaires, de la médecine du travail, nationalisation de secteurs clés de l’économie dont l’énergie avec E.D.F./G.D.F., liberté et indépendance de la presse.

Les décennies ont passé et nous assistons maintenant, sans trop y croire, au retour du pétainisme, des idées d’extrême-droite qui progressent dangereusement dans les consciences et pénètrent en force à l’Assemblée nationale. Nous ne pouvons l’accepter !

Alors que les périls menacent à nouveau, dans un monde confronté à la guerre et à l’oppression des peuples, à la crise écologique et à l’explosion des inégalités sociales, le Conseil National de la Résistance et le programme qu’il nous a légué doivent demeurer des repères pour les nouvelles générations. Le détournement de l’acronyme C.N.R. à des fins politiciennes nous rappelle à ce propos la phrase d’Albert Camus dans L’homme révolté : « Le fascisme, c’est le mépris. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme ».

Au moment de conclure cet hommage, n’oublions pas le sacrifice de Jean de Neyman, son attitude héroïque, et avec lui tous les résistants qui ont mis au-dessus de tout l’amour de la liberté et de la patrie, et la solidarité envers les peuples.

Je vous remercie de votre attention.

Christian Retailleau
Président du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure [3]

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Presse

Galerie d’images

<p>Jean-Luc Le Drenn et Serge Adry, Administrateurs au <acronym title=" Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure ">Comité Départemental du Souvenir</acronym>.</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5232 <p>David Faustin et Thomas Lefeuvre, attachés parlementaires du député de Loire-Atlantique Matthias Tavel, déposent la gerbe.</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5237 <p>de Christian Retailleau et Cédric Turcas.</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5208 <p>de Christian Retailleau</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5211 <p>du <acronym title="Parti Communiste Français">P.C.F.</acronym> Françoise Cabon, Yvon Renévot et Véronique Mahé.</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5228 <p>Lydie Mahé, conseillère municipale de Saint-Nazaire.</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5235 <p>parée de ses hommages !</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5240 <p>Cédric Turcas (accroupi)<br class='autobr' />
David Faustin, Thomas Lefeuvre, Françoise Cabon, Yvon Renévot, Véronique Mahé, Christian Retailleau, Lydie Mahé, Serge Adry, Jean-Luc Le Drenn, ? (porte drapeau)</p> © Photo <acronym title="Patrice Morel">P.M.</acronym> / Collectif <acronym title="Jean de Neyman">J.d.N.</acronym>, 20220903-5246

Note : Le "i" bleu en haut et à gauche qui apparaît sur certaines images vous donne une information sur le document présenté.
Personnes citées dans les photos : Serge ADRY (Administrateur au Comité Départemental du Souvenir), Françoise CABON (Membre du P.C.F.), David FAUSTIN (Attaché parlementaire du député de Loire-Atlantique Matthias Tavel), Jean-Luc LE DRENN (Administrateur au Comité Départemental du Souvenir), Thomas LEFEUVRE (Attaché parlementaire du député de Loire-Atlantique Matthias Tavel), Lydie MAHÉ (Conseillère municipale de Saint-Nazaire), Véronique MAHÉ (Membre du P.C.F.), Patrice MOREL (Membre du Collectif Jean de Neyman - photographe), Christian RETAILLEAU (Président du Comité Départemental du Souvenir), Cédric TURCAS (Secrétaire du P.C.F.).

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